« Un capital de départ » pour aider les jeunes à entreprendre ?

C’est l’une des propositions formulées par le Medef afin de répondre au mouvement des gilets jaunes.

Discret depuis le début de la mobilisation sociale, l’organisation patronale dirigée par Geoffroy Roux de Bézieux a fini par s’immiscer dans le débat national mis sur pied par le gouvernement pour recueillir les doléances des français solidaires des « gilets jaunes ». En réponse à la crise, le Medef a mis sur la table une liste de 49 mesures sélectionnées à partir d’une série de quelque 133 débats menés avec ses adhérents.
Ce programme compile les revendications classiques des chefs d’entreprises, dans la continuité de celles qu’avait notamment martelées Pierre Gattaz, n°1 du Medef de 2013 à 2018. Demandes auxquelles le président de la République François Hollande avait notamment accédé via l’instauration du CICE (Crédit d’Impôt Compétitivité Emploi) et du Pacte de Compétitivité, deux dispositifs qui s’étaient surtout traduits par des réductions de charges et des remboursements d’IS ou d’IR. Cette fois le mouvement, par la voix de son dirigeant Geoffroy Roux de Bézieux, réclame des allègements fiscaux au niveau des territoires, couplé à un effort budgétaire en faveur du pouvoir d’achat des particuliers, équivalent à 23 milliards d’euros accordés sous la forme de baisses de cotisations salariales. Dans le même temps, le MEDEF propose de pérenniser dans le temps la prime Macron, cette enveloppe défiscalisée jusqu’à 1000 euros, mise en place par 40% des entreprises entre janvier et mars 2019.

Des prêts à taux zéro

En guise de financement, les patrons proposent des économies budgétaires et donc des coupes dans les dépenses publiques égales à 2 points de PIB, sans donner plus de précisions sur la nature des réorganisations induites par ce plan de rigueur. Tout au plus Geoffroy Roux de Bézieux abonde-t-il dans le sens de la proposition émise par la ministre de la Santé et des Solidarités Agnès Buzyn de repousser l’âge légal de départ en retraite, aujourd’hui fixé à 62 ans*. Il préconise aussi de simplifier les institutions en s’attaquant au millefeuille territorial et d’uniformiser les règles entre les fonctionnaires et les travailleurs du privé.
Afin de réactiver l’ascenseur social et encourager l’entrepreneuriat des plus modestes dans une logique de renouvellement des élites, Geoffroy Roux de Bézieux évoque l’attribution d’un « capital de départ » à chaque jeune qui donnerait les moyens à tout à chacun d’« entreprendre (son) destin ». Ce fonds individuel serait constitué de financements délivrés, sous conditions de ressources, par des prêts à taux zéro aptes à financer les études et remboursables en fonction du salaire touché par la suite. Cette aide serait utilisable pour ouvrir une formation, mais aussi concrétiser un projet d’achat immobilier ou une création d’entreprise.

*Cette annonce a depuis fait l’objet d’un rétropédalage opéré par la ministre en personne à l’occasion de la séance des questions au gouvernement, assurant qu’«aucune  modification de l’âge minimal de départ à la retraite n’est envisagée, ni sur la table des négociations que pilote le haut commissaire à la réforme des retraites Jean-Paul Delevoye. Une promesse qui rejoint celle qu’avait faite Emmanuel Macron durant la campagne de la présidentielle en 2017 de maintenir le curseur de l’âge légal à 62 ans.

 

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Journaliste de formation, j'occupe actuellement la fonction de rédacteur au sein du réseau des sites Internet de services aux entreprises du groupe Libbre. Je peux justifier d'une expérience de six ans dans la presse quotidienne angevine au sein de trois quotidiens : la Nouvelle République, Ouest-France puis le journal majoritaire en Maine-et-Loire : le Courrier de l'Ouest (2007-2009).

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